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LA MODE, VECTEUR DE CHANGEMENTS SOCIÉTAUX PROFONDS

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Tout d’abord, il est important de rappeler que la période étudiée a vu se produire des changements sociétaux majeurs, transformant en profondeur les comportements, les croyances et les rapports humains. Une vraie révolution des mœurs s’est opérée avec notamment la libération de la femme et de son corps, l’arrivée de vêtements unisexes favorisant l’inclusion et l’égalité hommes / femmes ou l’émancipation de la communauté LGBTI grâce à l’engagement de nombreux stylistes comme Jean Paul Gaultier ou Yves Saint Laurent et son compagnon Pierre Bergé. La mode a joué un rôle crucial dans chacun de ces changements sociétaux.
nos magasins populaires – se développent sur un modèle de service minimal et de quantités élevées. En 1937, tous ces formats de magasins habillent 25% des femmes en France. En 1955, ce chiffre monte à 55%. Au même moment aux États-Unis, il est de 95%. Ça y est, la mode se démocratise à l’échelle mondiale.
Ce phénomène prend une ampleur particulière dans les années 50, lorsque des magazines avant-gardistes comme ELLE, Jardin des Modes ou Vogue mettent en avant la confection de manière inédite et marquent alors toute une génération en quête d’émancipation. À l’époque, une majorité des femmes restent au foyer et sont priées d’appliquer à la lettre
les préceptes du “Guide de la bonne épouse”. Les premières couvertures sur le prêt-à-porter que font ces magazines en 1952, 1955 et 1956 créent un pont avec la Haute Couture et permettent aux femmes de s’émanciper.
Le pont avec la Haute Couture s’intensifie dans les années 60 avec les collaborations du magazine ELLE et des grands couturiers, signant l’arrivée du prêt-à-porter des couturiers dans les classes moyennes qui ont ainsi accès à la créativité des grandes maisons. De plus, les collaborations entre ELLE et les grands magasins Galeries Lafayette, puis les magasins populaires Prisunic, vont accélérer l’arrivée de la mode dans la rue, pour tous et pour toute la famille.
La démocratisation de la mode
Elle participe grandement au mouvement individualiste qui marque le XXe siècle : la multiplicité des créateurs diversifie les styles, rendant la mode plus accessible et non réservée aux classes sociales élevées et aux personnes aisées. Dès les années 30, les grands magasins tels que La Belle Jardinière ou Les Galeries Lafayette permettent aux classes moyennes naissantes d’accéder à des vêtements de confection, à des prix plus abordables que ceux proposés par les couturiers de quartiers. Résultat : les classes populaires peuvent avoir accès à une offre de vêtements plus diversifiée et au goût du jour. C’est la démocratisation de la mode. Pour permettre aux populations les plus impactées par la crise de 1929 de continuer à s’acheter des vêtements, les magasins de confection à prix unique – qui deviendront
photo : Les Anderson
Tout d’abord, il est important de rappeler que la période étudiée a vu se produire des changements sociétaux majeurs, transformant en profondeur les comportements, les croyances et les rapports humains. Une vraie révolution des mœurs s’est opérée avec notamment la libération de la femme et de son corps, l’arrivée de vêtements unisexes favorisant l’inclusion et l’égalité hommes / femmes ou l’émancipation de la communauté LGBTI grâce à l’engagement de nombreux stylistes comme Jean Paul Gaultier ou Yves Saint Laurent et son compagnon Pierre Bergé. La mode a joué un rôle crucial dans chacun de ces changements sociétaux.
La démocratisation de la mode
Elle participe grandement au mouvement individualiste qui marque le XXe siècle : la multiplicité des créateurs diversifie les styles, rendant la mode plus accessible et non réservée aux classes sociales élevées et aux personnes aisées. Dès les années 30, les grands magasins tels que La Belle Jardinière ou Les Galeries Lafayette permettent aux classes moyennes naissantes d’accéder à des vêtements de confection, à des prix plus abordables que ceux proposés par les couturiers de quartiers. Résultat : les classes populaires peuvent avoir accès à une offre de vêtements plus diversifiée et au goût du jour. C’est la démocratisation de la mode. Pour permettre aux populations les plus impactées par la crise de 1929 de continuer à s’acheter des vêtements, les magasins de confection à prix unique – qui deviendront nos magasins populaires – se développent sur un modèle de service minimal et de quantités élevées. En 1937, tous ces formats de magasins habillent 25% des femmes en France. En 1955, ce chiffre monte à 55%. Au même moment aux États-Unis, il est de 95%. Ça y est, la mode se démocratise à l’échelle mondiale.
Ce phénomène prend une ampleur particulière dans les années 50, lorsque des magazines avant-gardistes comme ELLE, Jardin des Modes ou Vogue mettent en avant la confection de manière inédite et marquent alors toute une génération en quête d’émancipation. À l’époque, une majorité des femmes restent au foyer et sont priées d’appliquer à la lettre les préceptes du “Guide de la bonne épouse”. Les premières couvertures sur le prêt-à-porter que font ces magazines en 1952, 1955 et 1956 créent un pont avec la Haute Couture et permettent aux femmes de s’émanciper.
Le pont avec la Haute Couture s’intensifie dans les années 60 avec les collaborations du magazine ELLE et des grands couturiers, signant l’arrivée du prêt-à-porter des couturiers dans les classes moyennes qui ont ainsi accès à la créativité des grandes maisons. De plus, les collaborations entre ELLE et les grands magasins Galeries Lafayette, puis les magasins populaires Prisunic, vont accélérer l’arrivée de la mode dans la rue, pour tous et pour toute la famille.

La Vente A Distance

diffuse la Mode dans les campagnes
Le rôle de la VAD dans la démocratisation de la mode est parfois oublié, mais ce sont bien les catalogues comme La Redoute ou Les 3 Suisses qui permettent la diffusion de la mode dans les petites villes et dans les campagnes. En enchaînant les collaborations avec de nombreux créateurs et stylistes, ils permettent à toute la France d’avoir accès à la créativité des grands couturiers et des nouveaux stylistes, qui était auparavant réservée aux habitants de la capitale et des grandes villes. Issey Miyake et sa maille esthétique minimale, Karl Lagerfeld et son maillot de bain rayé, Azzedine Alaïa et sa combinaison élancée, sans oublier le coup de maître de La Redoute qui collabore avec Yves Saint Laurent et livre son smoking griffé aux quatre coins du pays.
À cette époque, les pièces de créateurs restent l’exception, destinées à une certaine frange de la population. L’idée est donc de créer la surprise et de pouvoir rendre ces couturiers accessibles au plus grand nombre.

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Museums Victori

LA PLACE DE LA FEMME

S’il y a bien un volet sur lequel la mode a eu une influence considérable, c’est sur l’évolution de la place de la femme dans la société. Travail, libération du corps, émancipation, liberté des mœurs… la mode a fait plus qu’accompagner ces changements sociétaux : elle les a souvent provoqués.
Dès le tout début du XXe siècle, le couturier Paul Poiret est le premier, avec Madeleine Vionnet, à supprimer le corset en créant des robes taille haute. Et il continue en bannissant les bas noirs et en offrant pour la première fois aux femmes des bas en soie couleur chair, donnant l’illusion de jambes nues. En comparaison avec les beautés corsetées et apprêtées de la Belle Époque, la nouvelle femme de Poiret semble simple, jeune et surtout libre avec ses robes légères cachant un corps au naturel.
De nombreuses femmes connues s’habillent chez Paul Poiret, comme l’actrice Sarah Bernhardt ou la danseuse provocatrice Isadora Duncan.
Cette dernière est une des muses du couturier, elle fait beaucoup pour la libération de la femme en osant, entre autres, danser à moitié dénudée. Ces deux femmes ont réussi, à travers leur art et leur appropriation de cette nouvelle mode, à dégager le corps féminin des contraintes qu’il subissait jusque-là. Puis c’est au tour de Gabrielle Chanel qui accélère ce grand mouvement d’émancipation des femmes du début du XXe siècle et leur rend une certaine liberté avec des créations révolutionnaires comme la petite robe noire ou le tailleur en maille avec des poches. Cette dernière création est loin d’être anodine dans l’émancipation de la femme.
En effet à cette époque, on considère que les poches sont inutiles aux femmes d’un certain milieu puisqu’elles ne travaillent pas ni ne paient. En ajoutant des poches au tailleur, Mademoiselle Chanel confère aux femmes un statut qu’elles n’avaient pas avant. Et ce n’est pas tout.
Elle offre aux femmes des vêtements à coupe droite et au tombé impeccable, et des tissus fluides afin de ne plus entraver leurs mouvements. La “petite robe noire” marque l’achèvement du processus révolutionnaire
de simplification de l’habillement féminin.

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Sorti en 1936, ce vêtement simple permet à chaque femme de construire son propre style et d’affirmer sa personnalité. Encore aujourd’hui, on peut en voir défiler de nouvelles versions sur les podiums du monde entier… la petite robe noire est la référence de l’élégance féminine.
En matière d’évolution des mœurs, il est difficile de ne pas parler des deux guerres et de leur impact sociétal sur la condition des femmes. La fin de la première guerre marque un relâchement des mœurs et la femme connaît une période plus libre dans les années 20 et 30, accompagnée par des références de la Haute Couture comme citées plus haut, mais aussi avec l’adoption par les femmes de vêtements plus pratiques et populaires comme le pantalon. Bien que porté à Hollywood par certaines actrices célèbres comme Greta Garbo ou Marlène Dietrich, c’est le travail des femmes dans les usines ou exécutant d’autres “travaux pour hommes” qui contribue à démocratiser une tenue plus masculine pour les femmes. Le pantalon en est un parfait exemple. Toujours dans cette mouvance d’après-guerre, à la fin des années 50, Marcel Boussac se lance,

en plus de ses activités industrielles textiles, dans la fabrication des machines à laver Bendix, qui permettent aux femmes de vaquer à d’autres occupations pendant que la lessive se fait toute seule. Il en offre même un exemplaire à chacune de ses ouvrières.

La mode est aussi synonyme de travail, et donc d’émancipation, pour les femmes aux XIXe et XXe siècles. Depuis le XVIIIe siècle la couture est prédominante parmi les métiers exercés par les femmes, et le développement de l’industrie de la confection, de la chaussure et du cuir permet d’apporter une situation stable et un moyen de s’émanciper. En effet les travaux d’aiguille passent pour une activité convenant aux femmes de tous âges et de toutes classes, et leur permet d’associer la fierté du travail et le désir d’expression de soi. Certaines femmes françaises acquièrent, grâce à leur travail de couturière, une renommée internationale. Qui de mieux pour illustrer ce propos que les grandes Jeanne Lanvin et Jeanne Paquin ? Toutes deux nées à la fin du XIXe siècle, elles font partie des premières femmes à être reconnues pour leur travail.

Ayant fondé leur propre maison de Haute Couture, elles en sont de fortes références historiques, à tel point que Jeanne Paquin préside même la section Mode de l’exposition universelle de 1900. Elle est plus tard nommée présidente de la Chambre syndicale de la couture et est même la première grande couturière à recevoir la Légion d’Honneur en 1913. Rarement une femme n’a obtenu une telle reconnaissance grâce à son travail. Jeanne Lanvin, elle, crée un empire rassemblant au milieu des années 20 plus de 800 employés répartis dans 23 ateliers, majoritairement des femmes. Ajoutons aussi que Gabrielle Chanel emploie plus de 4000 ouvrières dans ses usines en 1930 : un bel exemple de ce qu’a pu faire la mode pour le travail des femmes.
La mode a donc eu un impact majeur sur la place des femmes dans la société, les rendant plus indépendantes, libres et respectées. La mode n’a pas accompagné l’émancipation qu’ont connue les femmes et leur corps de 1850 à 2000, elle l’a engendrée.

Paul Poiret
pionnier,
sans doute involontaire,
de l’émancipation féminine

Probablement connu comme le plus grand couturier du début du XXe siècle, Paul Poiret fait d’abord ses armes auprès de Jacques Doucet qui lui confie la tâche de dessiner des robes pour les actrices célèbres du moment, comme Réjane ou Sarah Bernhardt.
Dès ses premières créations pour la maison Doucet, il joue sur de grands volumes déconstruits, aux coupes inspirées de robes orientales. Après avoir travaillé dans la légendaire maison Worth, il ouvre en 1903 son atelier “Le Magnifique” et épouse en 1905 celle qui sera sa plus grande muse : Denise Boulet. Dès 1906, il exclut les corsets de ses créations et déplace ainsi le centre de la silhouette de la taille vers les épaules. Les femmes respirent enfin. Cette suppression du corset fait du corps de la femme un objet d’imagination et de désir qui donne l’idée à certains de créer le soutien-gorge. Il imagine plus tard la jupe-culotte et continue ainsi à donner à la femme un peu plus de liberté, elle qui est à l’époque interdite de pantalon. Mais libérer le corps de la femme n’est pas son leitmotiv, c’est une conséquence de son travail. Paul Poiret veut être différent, unique, novateur et considère le corps de la femme presque comme un objet qui lui appartient.

Il a une emprise despotique sur la mode et sur la manière d’habiller les femmes. D’ailleurs, après avoir libéré les femmes du corset, il crée la “jupe entravée” qui force les femmes à trottiner tellement la jupe est resserrée à sa base. Il déclare un jour en parlant de lui : “la mode a besoin d’un tyran”.

Photo : © Paris Musées / Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris
Les trois premiers stylistes de l’histoire de la mode française étaient… des femmes !

Et oui, Emmanuelle Khanh, Christiane Bailly et Michèle Rosier peuvent être considérées comme les authentiques premières stylistes, un nouveau métier alors, de la mode française. Elles sont notamment connues pour avoir grandement participé à l’essor du prêt-à-porter. Les trois femmes feront sensation lors de leur défilé commun en 1965 où elles affichent une vision du vêtement féminin travaillé avec style et à la forte personnalité, très éloigné des codes de la Haute Couture. C’est la première fois qu’à New York, on fait défiler 3 stylistes n’appartenant pas à la Haute Couture.

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photo : Jean-Baptiste Burbaud

L’INCLUSION GRÂCE À LA MODE

Diversité des corps, vêtements unisexes, intégration de la communauté LGBTI !
La mode a de tout temps eu une dimension inclusive forte.

Gabrielle Chanel introduit durant les années folles les premiers tailleurs en tweed pour femme, à la base réservés aux hommes, puis le blazer à boutons dorés qui est à l’origine un vêtement militaire. Un premier pas vers une uniformisation des vêtements qui montre encore une fois l’engagement de Mademoiselle Chanel pour l’émancipation des femmes. Il y a ensuite l’apparition du jean pour femme en 1934, qui représente une révolution en termes de confort et de praticité pour la gente féminine. Dans les années 60, et avec l’émancipation sexuelle qui a lieu à cette époque, les femmes se permettent de porter des jeans unisexes. Un petit pas pour la mode, un grand pas pour les vêtements “no gender”.
Les tendances de fond de l’univers de la mode que l’on observe au fil des époques ont toutes un point commun : celui de ramener ce qui est “à la marge” au “centre”. C’est après la seconde guerre mondiale que la mode commence à avoir une fonction inclusive forte pour la communauté LGBTI.

En effet, on note un basculement après la seconde guerre lorsque Christian Dior fait son apparition dans la fashion sphère parisienne. Bien que discret sur son homosexualité, il ouvre la porte aux grands Yves Saint Laurent, Karl Lagerfeld ou Jean Paul Gaultier, qui oseront afficher leur homosexualité et feront de la mode un univers accueillant et inclusif pour les personnes issues de la communauté LGBTI. Ces grands designers, stylistes et couturiers font apparaître dans leurs défilés des personnes issues de cette communauté, mais aussi des personnes ayant des physiques hors des codes de la mode et du mannequinat. On voit alors des femmes rondes défiler, des mannequins transgenres et des femmes de couleurs. Yves Saint Laurent est le premier à faire défiler des femmes noires : Katoucha Niane, Iman, Rebecca Ayoko ont été des muses pour cette figure de la mode inclusive. Yves Saint Laurent, c’est aussi un nouveau regard sur le corps masculin, porté par l’image du créateur posant lui-même nu en 1971 pour la sortie
de son parfum YSL, une période marquée par la révolution sexuelle. Il est difficile de parler d’Yves Saint Laurent sans mentionner son compagnon Pierre Bergé : grande figure et mécène de la communauté LGBTI, qui est aussi connu pour son engagement dans la lutte contre le sida, grand fléau pour la communauté homosexuelle.

Cette période de 1850 à 2000 voit s’opérer une évolution des mœurs sans précédent : montée de l’individualisme accompagnée par la démocratisation de la mode, émancipation de la femme et de son corps, inclusion de communautés minoritaires et valorisation des corps dans toute leur diversité… de nombreux changements sociétaux majeurs ont lieu, et la mode a joué un rôle – souvent central – dans chacun d’eux.

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La mode selon Jean Paul Gaultier

Jean Paul Gaultier est bien connu pour sa vision ouverte et inclusive de la mode. L’homme au grand cœur et à l’énergie débordante dessine des vêtements pour tous les corps, crée des collections aussi pour les femmes rondes et est le premier à les faire monter sur le podium ! Il fait de même avec les personnes âgées, transgenres, androgynes, et pour tous les physiques atypiques et toutes religions confondues : un modèle d’inclusion.
“Créateur non conforme cherche mannequins atypiques. Gueules cassées ne pas s’abstenir”, voilà le genre d’annonce que passe Jean Paul Gaultier dans Libération. L’enfant terrible de la mode, surprend en 1984 en faisant défiler des hommes en jupe, un acte qui revendique avec ironie le droit pour les hommes de se présenter comme un objet sexuel. Il déclare dans les années 80 “les vêtements n’ont pas de sexe”, affirmation qui le caractérise tout au long de sa carrière, cherchant à effacer les frontières entre les genres. Il fait défiler des femmes âgées lorsque la mode est aux jeunes, des femmes rondes alors que l’industrie ne jure que par la minceur. “Les silhouettes que je propose sont un hommage à la différence. Je veux montrer qu’on peut ignorer les stéréotypes, que les femmes voluptueuses sont aussi belles et sexy, et peuvent porter mes vêtements”. Il s’inspire même de la culture queer pour certaines de ses créations, rendant hommage jusqu’au bout à la culture LGBTI. Gaultier n’enferme pas les hommes et les femmes dans des stéréotypes, qu’il ignore au contraire, il mélange les cultures, il fait tomber les barrières qui les séparent, le tout avec l’insolente ironie qui le caractérise.

Jean Paul Gaultier reste une icône de la mode française et un exemple d’inclusion, qui inspire de nombreux créateurs de notre époque à aller vers une mode toujours plus inclusive.

©Pierre et Gilles. De la rue aux étoiles, Jean Paul Gaultier, 2014 Exposition Grand Palais 2015

La mode opportuniste
sur la nouvelle place
de l’enfant dans la société
Une fois n’est pas coutume. Un changement sociétal fort que la mode n’a pas initié mais pris en marche, est la place de plus en plus importante accordée à l’enfant au sein de la famille et de la société. Les travaux que mènent et partagent avec le plus grand nombre des psychanalystes comme Françoise Dolto dans les années 60 et 70 changent le regard que porte la société sur l’enfant.
La mode suit ce mouvement et s’adapte avec la création de marques dédiées comme par exemple la maison Dior et la ligne Baby Dior lancée en 1967. Suivent quelques années plus tard, dans la deuxième moitié des années 70, sur un positionnement luxe et haut de gamme les marques Bonpoint, Jacadi, Cyrillus, Tartine et Chocolat entre autres. La démocratisation des marques dédiées à l’enfant prendra encore plusieurs années avec la création des vêtements Z en 1983 ou DPAM en 1986.

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LE TEMPS DES USINES

Du travail de la terre à celui des machines, de la classe paysanne à la classe ouvrière, un siècle à peine sépare l’apogée de ces deux classes sociales fortes qui ont contribué au développement économique de la France. Leur point commun : elles connurent toutes deux le même sort funeste, à 100 ans d’écart.
La France a depuis toujours été constituée de paysans et d’agriculteurs, qui sont la force économique du pays jusqu’au milieu du XIXesiècle. Cette population commence à chuter avec la révolution industrielle et l’exode rurale que connaît le pays à la fin du XIXe siècle. Cette révolution industrielle est fondée sur des drames sociétaux : les terres des paysans sont confisquées pour faire de l’élevage et construire des usines, les paysans sont transformés en ouvriers pour les besoins d’une industrie grandissante.

Des écoles naissent dans les usines et on introduit le travail des enfants dans les filatures. Toute une façon de vivre paysanne et une classe sociale à part entière est anéantie : c’est le déclin de la classe paysanne.
Et l’histoire se répète. La classe ouvrière connaît le même sort à la fin du XXe siècle,

avec la désindustrialisation de nombreux territoires textiles profondément ouvriers comme Manchester en Grande Bretagne ou le Nord de la France qui furent profondément marqués. Après avoir détruit la classe paysanne, la société reproduit le même schéma, exactement un siècle plus tard, en détruisant la classe ouvrière textile.
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