L’AFNOR et la Mode française imaginent ensemble le futur

Le 12 mars dernier, Pando a participé à la journée sur la Mode Responsable organisée par le Club des adhérents de l’AFNOR au Ministère des Finances à Bercy. Très certainement le dernier rassemblement pré-confinement de notre secteur consacré au développement durable et à la RSE. Le fil conducteur de la journée a été de réfléchir aux futures normalisations volontaires RSE spécifiques à la mode, car le constat est unanime : l’ISO 26000 est une norme permettant de tendre vers plus de responsabilité et de durabilité, mais elle mérite d’être affinée pour le secteur de la Mode. C’est d’ailleurs ce que nous faisons chez PANDO à travers nos diagnostics RSE pour entreprises. L’objectif est donc clair : il faut développer des normes AFNOR qui soient spécifiques au secteur de la mode, et c’est un travail que Pando mène aux côtés des leaders de la Mode.

Cette journée constituée de tables rondes et ateliers d’explorations avec des acteurs majeurs de la mode française a été très riche. Pando revient, en quelques lignes, sur cette grande journée.

 

La normalisation volontaire : une co-création inattaquable

 

Christian Mayeur, Directeur Développement et Innovation d’AFNOR Normalisation, souligne la spécificité de la normalisation volontaire, qui a la particularité d’être non réglementaire et surtout inattaquable. Pourquoi ? Car elle est le résultat d’une co-création réelle entre les parties prenantes – ici les acteurs principaux du secteur de la Mode – par consensus.

Rappelons que la volonté de l’AFNOR est d’aider la filière à établir ses propres normes et de les partager. Elle en fait ensuite la promotion auprès des décideurs territoriaux, nationaux, ainsi que des instances européennes et mondiales auxquelles l’AFNOR participe voire parfois qu’elle préside.

Voilà pourquoi la norme ISO 26000, sur la responsabilité sociétale des entreprises, est source d’innovation et de croissance comme le montre l’exemple de l’Allemagne, qui a su adapter cette norme très dense à différentes filières.

Gérard Cappelli, Membre actif de la Commission Nationale Développement Durable et Responsabilité Sociétale, évoquait la genèse de la première norme volontaire internationale établie par près de 100 pays : l’ISO 26000 Responsabilité Sociétale. Elle constitue aujourd’hui, 10 ans plus tard, une source d’inspiration et d’avancée formidable…

 

Des leaders français engagés et déterminés

 

En introduction Guillaume de Seynes, Président du Comité Stratégique de Filière Mode et Luxe, a rappelé que « la mode est regardée de tous les côtés sur le Développement Durable en tant que première exportatrice française ». En effet, la France est bien souvent le porte étendard de la Mode, et le 12 mars dernier les protagonistes de la Mode française parlaient d’une même voix :

 

  • Karine Sfar, Déléguée Générale de la Fédération de la Maille, de la Lingerie & du Balnéaire et Adeline Dargent, Responsable des projets de la Fédération Française du Prêt-à-Porter Féminin, confirment l’intérêt grandissant des Fédérations à aller au-delà des réglementations pour que naisse une Mode durable. La RSE est un axe prioritaire pour la Fédération de Prêt-à-porter comme l’a d’ailleurs souligné Pierre-François Le Louët. En témoigne le Guide sur les approvisionnements responsables que la Fédération a co-écrit, pour aider ses adhérents qui ne savent pas comment avancer sur le sujet. Le guide, téléchargeable gratuitement, est très accessible.

 

  • Puis à Andrée-Anne Lemieux, Directrice de la Chaire Sustainability de l’Institut Français de la Mode–Kering, qui détaillait les engagements de la Chaire comme accélérateur de la prise de conscience des acteurs de la Mode via la formation des étudiants de tous les cursus ainsi que le lancement de doctorats en recherche scientifiques sur le thème du développement durable et de la RSE.

 

  • Et à Maeva Bessis, Directrice Générale de la Caserne, qui présentait les ambitions de ce superbe lieu parisien à venir, véritable accélérateur de transition écologique pour l’industrie de la Mode qui permettra aux créateurs et au public de se rencontrer et qui sera un espace incontournable d’échange, de formation, de culture et de fête pour tous ceux qui veulent changer la Mode.

 

Des sujets d’échange amenant à un consensus

 

Cette journée de réflexion s’est terminée par 4 ateliers sur des thèmes considérés comme majeurs par les acteurs présents afin de rendre la Mode plus durable et responsable. Ces 4 thèmes ont été les premiers piliers de réflexion pour cette norme volontaire qui est en construction :

 

  1. Une fabrication locale et éthique: Privilégier les circuits courts ainsi que le réemploi, utiliser des matières naturelles ou biosourcées et surtout respecter les bonnes conditions de travail des ouvriers et ouvrières. Tout l’inverse du modèle mis en place par la Fast-Fashion. Cet échange nous rappelle combien il est essentiel pour les donneurs d’ordre de s’impliquer plus activement dans le respect des droits des travailleurs.
  2. L’économie circulaire: Bien séparer ici l’amont, intégrant un pourcentage de recyclable par exemple, de l’aval avec les notions de durée d’utilisation, de collecte, et de filière de recyclage à développer. Il a été remarqué qu’il manque aujourd’hui un moyen de noter les produits Mode élaborés dans ce cadre.
  3. L’impact environnemental: Partir des lois existantes dans ce domaine mais en développant de nouvelles solutions pour pallier le manque de traçabilité. Une future norme ne sera possible qu’avec plus de transparence. À noter également la nécessité d’intégrer plus de durabilité, qui peut imposer dans certains cas d’utiliser des composants à plus fort impact environnemental mais qui sera compensé par une durée d’utilisation plus longue. Il faut penser global.
  4. Évènements responsables: Porter une attention particulière à ces évènements n’ayant pas nécessairement un impact fort sur l’environnement, mais qui ont le pouvoir de marquer les esprits. Il est primordial de communiquer mieux pour éviter les « bad buzz » qui peuvent survenir autour d’un événement ne respectant pas tous les critères RSE.

 

Bien que rien de concret n’ait encore été acté, cette première journée a permis un alignement des planètes entre l’AFNOR et les professionnels de la Mode présents. Une normalisation volontaire est à l’œuvre et au-delà d’être une première, c’est un projet d’envergure et prometteur pour un secteur de la Mode qui affiche, enfin, un visage d’union, de collaboration et d’optimisme. Pando en est un morceau et entend bien jouer un rôle clé dans ce projet.

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