L’économie circulaire nous veut du bien

Nous le savons, le bilan environnemental de notre industrie sur ces dernières décennies est lourd : émission de gaz à effet de serre, consommation et pollution des eaux, gaspillage vestimentaire… Il est grand temps pour notre industrie de basculer vers un modèle plus durable. Un modèle où le développement durable est au cœur des préoccupations, comme les différents rapports du GIEC sur le réchauffement climatique ou les 17 Objectifs de Développement Durables (ODD) définis par les Nations Unies ne cessent de le préconiser. À titre de rappel, le développement durable se définit comme “un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs”. En d’autres termes, une nouvelle économie doit voir le jour, une économie basée sur une réduction de la consommation des ressources, visant à augmenter la durée de vie des produits et à diminuer l’impact sur l’environnement, tout en permettant le bien-être des individus. C’est là qu’intervient l’économie circulaire, dont on vient de citer les principes fondamentaux. 

Dans cet article, nous commencerons par dissocier économie linéaire et économie circulaire en les définissant et en expliquant leurs différences. Puis nous partagerons notre expérience sur la sensibilisation aux enjeux environnementaux, et notamment ceux auxquels l’économie circulaire apporte une réponse, à travers un atelier ludique réalisé autour d’une fresque. L’idée étant très simple : intégrer les principes clés par la réflexion pour engendrer un réel passage à l’action.

 

Économie circulaire versus économie linéaire

 

On ne résout pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés” Albert Einstein.

 

Aujourd’hui, notre modèle de société est majoritairement basé sur une économie dite linéaire. C’est un modèle qui consiste à extraire ou à récolter des matières premières et à les utiliser comme ressources dans la fabrication de produits qui sont ensuite commercialisés, souvent à grande échelle. Une fois achetés, ces produits sont jetés après avoir été consommés ou lorsqu’ils ne remplissent plus leur fonction, ou qu’ils ne sont tout simplement plus au goût du jour. Les matières premières extraites et utilisées deviennent ultimement des déchets. Cette économie est souvent résumée par la formule « extraire, fabriquer, consommer, jeter »

Ce modèle doit être remplacé. Comme le dit la Fondation Terre Solidaire : “Notre économie linéaire actuelle n’a pas été conçue avec un mécanisme de recyclage en place, de sorte que l’environnement a longtemps été une décharge pour les déchets. Avec la perte de plus de 60% de la biodiversité de la planète et une île de déchets flottant dans le Pacifique trois fois plus grande que la France, il est urgent de mettre en œuvre des modèles alternatifs de production et de consommation.

C’est de ce constat que l’économie circulaire est née. L’économie circulaire est définie par l’ADEME comme “un système économique d’échange et de production qui vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer notre impact sur l’environnement. Il s’agit de découpler la consommation des ressources de la croissance du produit intérieur brut (PIB) tout en assurant la réduction des impacts environnementaux et l’augmentation du bien-être ».

 

Ce système peut se décliner en 7 étapes :

  • Approvisionnement durable : élaboration et mise en œuvre d’une politique d’achats responsables limitant le recours à de trop nombreuses substances chimiques par exemple.
  • Ecoconception : démarche consistant à diminuer les impacts environnementaux d’un produit tout au long de son cycle de vie, depuis l’extraction ou la culture de la matière première jusqu’à la fin de vie du produit fini.
  • Ecologie industrielle et territoriale : recherche de synergies éco-industrielles à l’échelle d’une zone d’activités, les déchets d’une entreprise pouvant devenir les ressources d’une autre, comme le cuir de poisson réalisé à partir de déchets alimentaires par Ictyos.  
  • Économie de la fonctionnalité : forme d’économie collaborative qui privilégie l’usage à la possession et tend ainsi à vendre des services liés aux produits plutôt que les produits eux-mêmes. Nous pensons ici à l’initiative de Bocage qui permet de louer des chaussures.
  • Consommation responsable : consommation raisonnée et orientation de ses choix de produits en fonction de critères sociaux et écologiques en se tournant par exemple vers des produits de seconde main ou vintage.
  • Allongement de la durée d’usage en faisant plus attention à la manière dont on entretient ses vêtements et accessoires, et en privilégiant la réutilisation de produits.
  • Upcycling : traitement et valorisation des tissus et vêtements pour en produire de nouveaux, à forte valeur ajoutée. 

 

Rappelons que l’industrie de la Mode est une des plus gourmandes en matière de ressources : la fabrication d’un seul jean consomme 1 kg de coton, 5 000 à 10 000 L d’eau, 75 g de pesticides et 2 kg d’engrais chimiques. Pour un manteau, ce sont plus de 110 kg de matières premières qui sont consommés. Si toutes les étapes de l’économie circulaire sont respectées, un objet éco-conçu et dont on a maximisé la durée de vie, pourra finalement être recyclé pour servir de matières premières à un nouvel objet sans avoir à extraire de nouvelles ressources du sol. 

L’économie circulaire a donc vocation à être un système vertueux, qui limite l’extraction massive des ressources, respecte le cycle de régénération des sols et maximise la durée de vie des produits. Un système économique durable qui viendrait remplacer le modèle de consommation linéaire que nous connaissons bien et qui est malheureusement insoutenable sur le long terme. Maintenant que la différence est claire pour tout le monde, pourquoi est-ce si important d’agir ? Comment motiver tout le monde à se mobiliser sur des sujets décisifs par le jeu ?  

 

Comprendre les enjeux par le jeu : la fresque de l’économie circulaire

 

Afin de sensibiliser la population au changement climatique, l’association La Fresque du Climat donne la possibilité de représenter le rapport de 500 pages du GIEC sous la forme d’une fresque, lors d’un atelier ludique, afin d’en faciliter la compréhension. Durant cet atelier de 3h, il faut relier chaque activité humaine à ses impacts sur le climat grâce à un jeu de cartes thématiques. C’est visuel, divertissant et basé sur la recherche d’informations, ce qui facilite grandement l’intégration des enjeux liés au réchauffement climatique.

Ayant connu un franc succès, ce modèle d’atelier et de fresque a été repris dans de nombreux autres secteurs : il existe maintenant la fresque du textile, la fresque du bâtiment, la fresque du numérique… Il y a peu, toute l’équipe de Pando s’est réunie pour participer à celle de l’économie circulaire. Divisée en 2 parties “économie linéaire & économie circulaire”, cette fresque permet de mieux maîtriser les problématiques liées à l’économie linéaire et de mieux appréhender les solutions apportées par l’économie circulaire. Prenons par exemple le fait de limiter l’usage de ressources rares comme l’eau, omniprésente dans l’ensemble de la chaîne de valeur de notre industrie, et associée à de nombreuses substances chimiques avec des impacts lourds sur la biodiversité. 

Pour PANDO, l’expérience a été plus qu’enrichissante, en témoigne le retour de ses deux fondateurs : 

  • Le principe des fresques (du climat, de l’économie circulaire etc.) autour d’ateliers ludiques est extrêmement puissant pour faire passer des notions complexes.” Laëtitia Hugé.
  • Je ne savais pas trop à quoi m’attendre pour ma toute première fresque et j’avoue avoir été bluffé par la force et la qualité du message, partagé et intégré de façon si spontanée et naturelle dans le cadre de cet atelier”. Stéphane Piot.

Pour en savoir plus sur la fresque de l’économie circulaire et sur l’atelier, rendez-vous ici.

 

Lecteurs, lectrices, toute l’équipe de PANDO est heureuse de partager avec vous cette expérience enrichissante qui est à nos yeux une belle initiative en faveur du climat. En effet, c’est ce type d’expérience que nous recherchons constamment, car elle nous nourrit, nous inspire et nous permet de vous apporter des contenus qualitatifs, innovants et adaptés à notre filière mode. Pourquoi faire de la veille sur ces sujets ? Car une de nos missions principales est la même que celle de toutes ces fresques pour le climat : informer de manière efficace et optimiste, pour que chacun passe à l’action. C’est ce que nous faisons à travers notre plateforme dédiée aux acteurs de la Mode, qui a pour but d’informer et former avec des contenus adaptés pour comprendre et accompagner demain.

 

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