Le Fashion Pact – Un réel engagement ?

En Mai 2019, Emmanuel Macron a confié une lettre de mission à François-Henri Pinault, président du groupe Kering, consistant à mobiliser l’industrie de la mode sur ses impacts environnementaux. Lors du G7 de Biarritz en août 2019, François-Henri Pinault présentait le Fashion Pact et ses 32 marques signataires. Que contient ce pacte, qui s’est engagé et pourquoi ?

RAPPEL

Le président Emmanuel Macron a chargé en mai 2019 François-Henri Pinault, Président de Kering, de mobiliser la Mode pour rendre la France exemplaire dans le domaine du changement climatique de notre industrie, particulièrement polluante.

En aout 2019, lors du G7 à Biarritz, 32 entreprises internationales de toutes tailles allant de la fast fashion au luxe se mobilisent autour de grands objectifs environnementaux centrés sur trois thématiques : l’enrayement du réchauffement climatique, la restauration de la biodiversité et la protection des océans. Sur le premier point en particulier ils s’engagent « à diriger leurs entreprises vers des actions compatibles avec la trajectoire à 1,5° C du réchauffement climatique, via une juste transition pour atteindre zéro émission de CO2 en 2050 ». Ils prévoient notamment d’atteindre 100 % d’énergies renouvelables dans leurs opérations propres d’ici 2030.

PORTEE DU FASHION PACT

Pour certains, le texte n’étant pas contraignant, le Fashion Pact reste une annonce qui interroge la sincérité de ses signataires. Elle est contradictoire avec le modèle de la fast fashion en particulier, dont les fondements économiques sont la surconsommation et la non-durabilité. De plus, les ONG non consultées regrettent que le fonctionnement actuel de la mode et le modèle de consommation associé ne soient pas remis en cause et attendent des résultats concrets.

Une autre lecture permet de dire que :

  • Si la Mode devait attendre des réglementations nationales, communautaires ou internationales contraignantes, cela prendrait des années voire des décennies comme le prouve le processus laborieux de l’Accord de Paris (COP 21 de 2015). Le Fashion Pact a le mérite de montrer une volonté de ces entreprises d’aller plus vite et de faire preuve d’exemplarité ensemble. Il faudra montrer des résultats concrets pour prouver cette volonté.
  • Les entreprises signataires ont déjà mis en place des actions écoresponsables. Même si la motivation reste pour beaucoup la recherche de performance économique et d’image, ces entreprises montrent la voie. Compte-tenu de leur poids dans l’économie de la mode, l’accélération de ces actions aura un effet boule de neige sur l’ensemble de la chaîne de valeur et des acteurs de la mode.
  • En s’engageant publiquement, ces entreprises ont des comptes à rendre à la société. En cas de défaillance, elles risquent une réaction négative des medias, des organismes financiers et des consommateurs. Avec la pression des consommateurs et aussi des actionnaires pour une mode plus responsable, tenir ses engagements et communiquer autour est un atout concurrentiel pour ces entreprises qui ont tout intérêt à tenir leurs promesses, voire aller au-delà.

QUE S’EST-IL PASSÉ DEPUIS

  • En octobre 2019, 24 nouvelles entreprises ont rejoint le Fashion Pact. Les 56 signataires ont convenu de rendre compte de leurs avancées en septembre 2020.
  • Kering a élevé ses objectifs de 2016 (réduction de 50% des émissions de CO2 d’ici 2025), en fixant un objectif 100% énergies renouvelables dès 2020 et de compenser dès aujourd’hui les gaz à effet de serre (GES) liés à ses activités.
  • LVMH, non signataire mais déjà fortement impliqué via son programme Life de 2012, a intensifié son engagement et sa communication autour du sujet, lors du LVMH Future Life de Septembre 2019. En particulier avec des actions inédites en termes de traçabilité, de bien-être de la faune, de protection de la forêt amazonienne et de partenariat avec la fondation Solar Pulse, sans oublier la participation surprise de Stella McCartney.

Le Fashion Pact représente une vraie prise de conscience de l’industrie, qui active la transition écologique nécessaire à sa pérennité. Cette transition, pour être effective, devra être effectuée par un maximum d’acteurs. Il reste donc aujourd’hui à voir qui et surtout à quelle échelle sera impliqué dans ce Fashion Pact et quel sera son impact réel sur l’empreinte écologique de notre industrie.

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