COP 27 : ce qu’il faut retenir

La 27e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, également connue sous le nom de COP 27, s’est tenue à Sharm el-Sheikh sous la présidence de l’Égypte. Elle devait initialement se dérouler du 6 au 18 novembre 2022 et s’est finalement clôturée le 20 novembre, après de longues et difficiles négociations. Parmi les principaux sujets abordés figuraient la création d’un nouveau fonds dédié aux pays les plus vulnérables pour les aider à faire face aux dommages causés par le changement climatique. Mais aussi la réduction des émissions à effets de serre. Cependant, la conclusion du sommet sur le climat a été critiquée pour ses faibles résultats en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’utilisation des combustibles fossiles.

 

Création d’un fonds pour pertes et dommages

La décision la plus innovante et historique de cette COP 27 a sans doute été l’accord sur la création d’un fonds pour pertes et dommages liés au réchauffement climatique (cyclones, inondations), que subissent de plein fouet les pays du Sud. Le fonds devrait bénéficier à tous les pays en développement, mais ira d’abord aux pays les plus vulnérables. Il s’agit d’une demande que ces mêmes pays formulent depuis 30 ans déjà, mais qui n’a jusqu’à présent jamais été entendue par les pays industrialisés.

Selon Mia Mottley, Premier ministre de la Barbade :

« […] Il doit y avoir un engagement à débloquer des financements concessionnels pour les pays vulnérables au climat. Il est impossible pour les pays en développement de mener cette bataille sans avoir accès à des financements concessionnels. »

Le compromis finalement obtenu sur les dommages climatiques est cependant assez vague. Les questions relatives à la conception, aux sources de financement et aux bénéficiaires ont été repoussées à la phase de mise en place. Un comité spécial appelé comité de transition et composé de 24 États, sera chargé de régler les détails de fonctionnement et de financement, d’ici à la COP 28.

 

Manque d’ambition sur la réduction d’émissions de gaz à effet de serre

Contrairement au nouveau fonds pour pertes et dommages, la déception de la COP 27 a été l’incapacité à relever le niveau d’ambition pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Selon l’UNFCC, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a indiqué que les émissions mondiales de CO2 devraient diminuer de 45 % d’ici à 2030 pour réaliser cet objectif de maintenir le réchauffement de la planète en dessous de 1,5 °C.

Mais les engagements promis par les États signataires ne permettent pas de tenir cet objectif. Cela permettrait, au mieux, une limite de la hausse des températures entre 2,4 et 2,8 degrés.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Gueterres a déploré le manque d’efforts. « Nous devons drastiquement réduire les émissions maintenant, et c’est une question à laquelle cette COP n’a pas répondu ».

L’objectif visant à la réduction des émissions à effets de serre sont sans nouvelles ambitions depuis la COP 26, à Glasgow. La nécessité d’abandonner progressivement les énergies fossiles limite la capacité à atteindre cet objectif.

 

Pas d’avancée concernant l’élimination progressive des combustibles fossiles

« Un engagement clair à éliminer progressivement tous les combustibles fossiles ? Pas dans ce texte », a exprimé Alok Sharma, ancien président de la COP 26.

Une autre difficulté a été la formulation de l’élimination progressive des combustibles fossiles. Certaines nations ont fait pression pour conclure un engagement sur la réduction de l’utilisation des combustibles fossiles polluants. Mais les pays tels que les États-Unis et l’Arabie Saoudite ont refusé.

« Les pays qui bloquent la question des énergies fossiles, ce ne sont plus les pays industrialisés comme jadis, mais plutôt les pays qui sont producteurs d’hydrocarbures (…) [et] un bon nombre de pays émergents » a signalé François Gemenne, politologue et membre du GIEC. (FranceTVinfo)

Le document ne formule aucune proposition visant à éliminer progressivement tous les combustibles fossiles. Mais une invitation à tous les pays pour qu’ils prennent des mesures afin d’éliminer progressivement les centrales au charbon qui ne disposent pas de la technologie nécessaire pour réduire les émissions, ainsi que pour éliminer progressivement les subventions inefficaces aux combustibles fossiles, comme déjà convenu lors de la COP 26 à Glasgow.

Cependant, l’Indonésie a obtenu, grâce à une JETP (Just Energy Transition Partnership) ou partenariat pour une transition énergétique juste, 20 milliards de dollars pour accélérer sa sortie des fossiles.

En résumé

Malgré des accords positifs, l’Union Européenne reste déçue. Il n’y aura « pas eu d’efforts supplémentaires de la part des principaux émetteurs » de gaz à effet de serre et donc pas de prise en compte du dernier rapport du GIEC. Cependant un signal fort a été lancé aux pays les plus vulnérables avec la mise en place d’un fonds pour pertes et dommages, malgré des débats houleux lors de cette COP 27.

Petit point mode : 

Selon Business of Fashion, l’Apparel Impact Institute (AII) démontre que si la mode veut respecter ses propres engagements en matière de climat, c’est-à-dire atteindre des émissions nettes nulles d’ici 2050, un investissement total de 1 000 milliards de dollars est nécessaire.

Pour approfondir, retrouvez notre vidéo pour comprendre la mondialisation et ses impacts sur notre industrie. 

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