Biarritz Good Fashion Day : les innovations de la Chaire Bali

Le 14 octobre dernier se tenait le Biarritz Good Fashion Day: un événement dédié à la Mode éco-responsable qui est le temps fort néo-aquitain de la mode circulaire, agile et transparente. Cet événement organisé par la Chaire Bali accueillait plus d’une centaine de professionnels de la Mode. Pando y était présent et a pu découvrir les résultats des travaux de la Chaire visant à accompagner la transition de notre industrie.

 

Le but du Biarritz Good Fashion Day

 

Les organisatrices de cet événement Chloé Salmon-Legagneur et Isabelle Lefort ont introduit cette journée en rappelant la nécessité de transformer l’industrie de la Mode et du textile afin qu’elle soit plus éthique et durable. Notre cofondatrice Laëtitia Hugé a d’ailleurs pris la suite en animant une conférence, disponible ici, portant sur les évolutions de notre industrie à horizon 2030. Elle restitue le fruit des études menées par Pando sur la décennie à venir et accompagne le témoignage de 3 acteurs engagés que sont les sociétés Lothaire, Texeurop et Zadig&Voltaire. L’événement avait donc pour objectif de montrer aux marques, détaillants et industriels comment les professionnels de la mode se préparent à la décennie à venir, mais aussi et surtout de présenter les résultats des travaux de recherche réalisés par les membres de la Chaire Bali. En effet, ses membres sont engagés dans 5 thèses de recherches et 4 groupes de travail, tous unis par une démarche d’open innovation. La raison d’être de ces travaux : aider les marques à innover pour mettre en œuvre leurs démarches de RSE, d’écoconception, de circularité et de relocalisation de leurs activités industrielles. 

Voici le retour sur la restitution de ces travaux innovants et inspirants.

 

Collecte, produits circulaires, fabrication agile et traçabilité augmentée : des solutions durables pour la Mode.

 

Articulés autour des trois axes majeurs que sont la circularité, l’agilité et la transparence, les thèmes sur lesquels portaient les 4 groupes de travail découverts lors de cette journée sont : 

  1. “La collecte ciblée pour une circularité concrète ». 
  2. “La conception de produits circulaires pour une mode responsable ».
  3. « La fabrication agile pour une mode raisonnée et rapprochée ».
  4. “La traçabilité augmentée pour plus de transparence ».

Les intervenants ont présenté leur approche et leurs résultats après 1 an de travaux, sachant que chacun de ces projets dure 3 ans et ne sont donc pas encore tout à fait aboutis. Les avancées sont néanmoins notables.

 

Le premier groupe de travail portant sur la collecte était composé de Damien Saumureau, directeur projet circularité chez Décathlon, et de Damien Pellé, directeur développement durable chez les Galeries Lafayette. Leur objectif est d’améliorer les processus de collecte de matières afin de pouvoir réutiliser tous ces éléments, limiter les déchets et arriver à un recyclage optimal. Cela passe d’abord par une identification précise des différentes fibres que composent les matières récoltées. Le coton blanc est par exemple la fibre la plus intéressante à récolter. Leurs travaux consistent donc à tester différents systèmes de récolte afin d’identifier le plus efficace, mais aussi le plus viable, car l’objectif est de proposer des solutions aux marques et industriels économiquement viables. Dans cette idée, le concept de (Re)Store a été lancé dans les Galeries Lafayette Haussmann mettant en avant des produits de seconde main.

 

Il ne suffit pas de faire des produits recyclables, il faut que leur collecte en fin de vie soit possible.” nous dit Damien Saumureau.

 

Le groupe suivant était composé de Gauthier Bedek, responsable R&D du groupe Eram, et d’Alice Bardet, CSR Project Leader chez Petit Bateau. Leurs travaux portant sur la conception de produits circulaires pour une mode responsable les ont amené à formuler le besoin de construire un outil qui pourrait être utilisé par tous les acteurs, que ce soit par la styliste ou le chef de développement produit, permettant d’évaluer les produits selon leur potentiel de réparabilité, de recyclabilité et de durabilité. L’objectif à terme : définir un indice de circularité qui serait utilisé globalement et qui irait jusqu’à modifier en profondeur la sélection des matières et les méthodes de production des vêtements et chaussures. 

 

Notre ambition est d’avoir une grille de critères pour 2022.” précise Alice Bardet.

 

Le groupe de travail portant sur la fabrication agile était composé d’Anne Masanet, directrice produit chez Petit Bateau, et d’Isabelle Cornu, directrice marketing stratégique au CETI. Dans le cadre de ces travaux, Petit Bateau s’est lancé dans un programme de fabrication agile en collaboration avec la Chaire Bali et le CETI qui consiste à “produire moins, mieux, plus vite et au plus proche de nos clients.” pour reprendre les mots d’ Anne Masanet. La marque a donc expérimenté une production à la demande de 10.000 pièces et a partagé ses résultats avec d’autres membres de la Chaire comme le CETI, Decathlon ou Eram afin de mesurer les impacts de ce modèle de production. L’objectif à terme est d’inverser la logique industrielle, en partant du besoin client et non des produits confectionnés, et de faire en sorte que ce modèle de production agile devienne naturel pour les fabricants.

 

Le challenge est à présent de mettre sur pied des unités hyper agiles permettant de produire de courtes séries en quelques jours, voire quelques heures”. annonce Isabelle Cornu. 

 

Enfin, le dernier groupe de travail portait sur la traçabilité en vue d’une meilleure transparence et était composé de Pantxika Ospital, doctorante et membre de la société Belharra, ainsi que Pascal Gautrand, délégué général chez Collectif Tricolor. Leur ambition est de créer un pilote pour “assurer la traçabilité depuis l’approvisionnement de matières premières jusqu’au produit fini chez la marque. Le tout en utilisant des informations fiables et précises fournies sur le produit.” déclare Pantxika Ospital. Un QR code est d’ailleurs à l’étude permettant de fournir toutes les données de traçabilité. Pour cette étude, la chaîne de valeur étudiée est celle de la filière de la laine française, une filière en renaissance portée par le Collectif Tricolor. Ce projet vient d’ailleurs d’obtenir le soutien de France Relance avec pour objectif de mettre au point un passeport digital, l’outil de traçabilité qui permettra d’assurer la qualité ou de l’améliorer tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Si ce nouveau modèle est aujourd’hui dédié à la laine française, il peut être utilisé sur d’autres matières et à l’échelle internationale. 

 

Au travers de ces recherches et de ses engagements, la Chaire Bali imagine et conçoit de nouveaux modèles, plus vertueux, pour redéfinir notre industrie. Les travaux engagés par ces groupes de travail sont extrêmement intéressants et sont à suivre de près, on pourra d’ailleurs observer les prochaines avancées dans 1 an, rendez-vous donné par les membres de la Chaire Bali eux-mêmes. Nous y serons !

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